12 kilos perdus en 15 jours : voici l’envers du décor pour les végétariens en France

pierre
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12 kilos perdus en 15 jours : la désillusion végétarienne en France, ou l’art de survivre avec des salades, de l’eau et trois paquets d’amandes…

Le choc calorique : de retour de l’empire de la viande

Passer quinze jours en France quand on est végétarien (et en prime, sobre), c’est comme partir pour un trek en plein désert sans boussole ni gourde. La preuve vivante : douze kilos envolés en deux semaines, au point que ma compagne a pensé que je sortais direct de la taule. Une cure d’amaigrissement fulgurante, où mon régime s’est résumé à une demi-salade, un malheureux quartier de carotte, trois paquets d’amandes (pour la gourmandise) et une routine : chaque soir, il a fallu braver des tablées où la chair règne sans partage, entourée de tout un troupeau d’alcools en goguette.

En France, si tu ne manges pas de viande et que tu passes ton tour sur l’alcool, tu ne manges pas. Tu picores. Pire, tu survis. Heureusement que parfois, un dos de saumon, bienveillant, est venu sauver mon estomac d’une mort certaine – sinon, je rentrais au pays sur une civière ou dans un cercueil, surtout si j’avais été vegan. Imaginez la scène…

Salons du livre et autres réjouissances : marathon du goût… de l’abnégation

Lors d’un week-end au salon du livre, trois repas attendaient les joyeux convives. Premier déjeuner : enfin, du saumon ! Sauf qu’il flottait presque dans une piscine de sauce au vin blanc. Dix minutes plus tard, assiette essuyée au pain, j’espérais passer au dessert… qui s’est transformé en charlotte au Cognac. Plus de pain pour éponger, j’ai cédé mon dessert à mon voisin – ce glouton qui n’a vraiment rien laissé.

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Pour le dîner, rebelote : huîtres en entrée, cauchemar d’enfance oblige, abstinence obligatoire. Tentative du serveur de ravitailler mon verre en vin : refus poli, mais regard du serveur comme si je lui demandais de décliner son art tantrique en maillot de bain. La suite ? Joue de bœuf dans l’assiette. On s’est fixé droit dans les yeux – fin de non-recevoir. Un flan de légumes sauve la situation, englouti comme si j’étais un otage libéré cheveux hirsutes. Nouvelle tentative alcoolisée au dessert : demi-poire marinée toute la journée au vin de Bourgogne. Direction le voisin, toujours aussi motivé à manger pour deux (ou trois).

Le lendemain, déjeuner et avalanche de tapas : chorizo, poulet, jambon de Bayonne… et tout un bestiaire digne d’un album Panini : couille d’agneau, foie de grenouille, tendon de chèvre, rate de sanglier. J’ai admiré la parade sans broncher. Point positif, les bâtonnets de carottes étaient délicieux – cadeau : pipi orange deux jours durant, un petit grain de folie dans la morosité alimentaire. Dessert prévu : fruit exotique à l’alcool de prune, remplacé discrètement par un granola solitaire sorti du fond de mon sac.

Menus à la française : le Boucher contre la Laitue

Le restant du séjour, chaque repas au restaurant tenait de la roulette russe. Carte en main, je lisais ce catalogue de boucherie comme d’autres lisent un roman noir. En entrée ? Escargots, foie gras, coquilles Saint-Jacques au Porto – ambiance Waterloo morne plaine.

Les plats de résistance rivalisaient d’inventivité carnée : coq au vin flirtant avec côte de bœuf, carré d’agneau et sauce à la bière. Heureusement, un filet de sole… mais nappé au Grand Marnier. Résignation, et commande d’un quart de Perrier au citron vert, glaçon en prime pour la touche festive.

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Pour les végétariens, la créativité s’arrête trop souvent à l’assortiment de salades. On vous sert :

  • Concombres sectionnés au millimètre,
  • Torsades de carottes râpées,
  • Lamelles de chou rouge vaguement gondolées,
  • Trois fières feuilles de laitue parachutées en décoration.

Tout droit sortis d’une machine offerte à Noël à belle-maman, ces légumes constituent LA réponse à tous les marginaux du steak. Au moins, tu peux manger ta salade sans faire de bruit… et c’est toujours ça de pris.

Survivre ou manger ? La délicate équation végétarienne

Après ce séjour, une seule vérité s’impose : la vie du végétarien en France relève parfois du parcours du combattant, surtout si l’on conjugue à son abstinence de la chair un désintérêt pour l’alcool. Les occasions de déguster des plats « safe » se font rares, et il faut s’armer de patience, d’un soupçon d’autodérision et d’un granola caché dans le sac pour tenir la route.

Mon conseil ? Prévoir sa dose quotidienne de bâtonnets de carottes à l’avance, repérer les restaurants qui pensent aux légumes autrement qu’en décoration, et surtout, choisir un voisin de table sympa… qui acceptera de temps en temps d’avaler votre poire au vin sans râler. Bon appétit… ou bonne chance !

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